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Fausse couche : Gérer avant, pendant et après

À partir du moment où le test de grossesse est positif une immense joie s’empare du couple désireux d’accueillir un enfant dans la famille. Hélas certaines grossesses ne parviennent pas à terme en entachant la magie du moment et en laissant derrière elles une expérience douloureuse. Ces grossesses qui s’interrompent spontanément avant la 22ème semaine d’aménorrhée (soit environ 5 mois de grossesse) sont désignées comme étant des fausses couches. Même si toutefois elles surviennent dans 85% des cas avant la 12ème semaine, aucune femme n’en est à l’abri. Heureusement, toutes les fausses couches, quelles qu’elles soient, ne compromettent en rien une futur grossesse.

Selon une étude du Dr Coulibaly Foungotin Hamidou, Spécialiste Génétique Humaine Cytogénétique et Biologie de la Procréation à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, une grossesse sur cinq se termine par une fausse couche et une femme sur trois environ fera une fausse couche dans sa vie.

Toutefois, d’après le Dr KOUADIO Eugène du centre médical HOMEA : Centre de diagnostic anténatal et de médecine fœtale, il est difficile d’avoir des données fiables et précises sur les statistiques des fausses couches en Côte d’Ivoire. Ces données ne sont pour la plupart pas recensées d’autant plus que dans le cas des fausses couches précoces (qui surviennent avant les 8 semaines), énormément de femmes ne font pas d’échographies et les confondent avec un simple retard des règles. De ce fait, patientes et professionnels manquent cet aspect.

 

Y a-t-il des signaux qui peuvent présager l’évolution de la grossesse ?

‘’Pour réellement connaître l’étendue question de l’évolutivité d’une grossesse débutante ou jeune, il est préférable de se rendre à l’hôpital dès le retard des règles et de faire une échographie bien conduite avec du matériel adéquat et un opérateur qui s’y connait dans les critères échographiques. ‘’ Explique Dr KOUADIO.

Dr DIBY Alice, Gynécologue-Obstétricienne du centre HOMEA ajoute : ‘’Effectivement, l’échographie servira d’abord et avant tout à vérifier que l’œuf s’est bien implanté dans l’utérus car autrement il s’agirait d’une grossesse extra-utérine (l’ovule va nider dans une trompe) et  la  grossesse devient donc une urgence puisqu’il y a des risques d’hémorragies.’’

Un saignement vaginal en début de grossesse n’annonce pas toujours une fausse couche…

Une femme peut perdre du sang durant les 3 premiers mois de sa grossesse aux moments de ses règles. Les pertes sanguines peuvent également être la résultante d’un léger décollement du futur placenta ou peuvent provenir du col de l’utérus. Peu importe le type de saignement il reste important de consulter le gynécologue qui à l’aide d’examens (échographie, prise de sang, examen vaginal) saura déterminer s’il y a une fausse couche en cours ou bien même une interruption de grossesse ou pas.

 

Que faire en cas de menace de fausse couche ?

‘’Seuls les éléments de l’échographie (tels que la qualité du sac gestationnel, les battements cardiaques voire  la structure du réceptacle (l’utérus) peuvent indiquer un risque ou des possibilités d’une fausse couche ’’ explique Dr KOUADIO.

Dr DIBY ajoute : ‘’Une échographie est essentielle car elle permet, en cas de menace de fausse couche, d’établir un traitement qui pourrait sauver la grossesse’’.

Dans le cas où le gynécologue réalise une échographie et affirme que l’embryon est toujours viable malgré le saignement, il conseillera de se reposer en ne faisant pas de grands mouvements (soulever, monter les escaliers) le temps de refaire une échographie plus tard (variable selon le cas) pour voir si la menace pèse toujours.

‘’Aussi chez certaines de mes patientes qui ont tendance à faire des fausses couches, je demande, lorsqu’une grossesse survient d’avoir des rapports avec un préservatif ou avec éjaculation hors du vagin afin d’éviter que la prostaglandine (une composante du sperme) ne soit en contact avec le col de l’utérus puisqu’elle pourrait provoquer des contractions.’’ explique Dr DIBY.

‘’Entre temps, on est enceinte mais rien n’est gagné’’ dit Dr KOUADIO en faisant preuve de tact psychologique sur un fond de vérité pour préparer une patiente à une possible éventualité de survenue de fausse couche. Car dans la majorité des cas,  la  fausse couche est d’origine  idiopathique c’est-à-dire sans cause retrouvée. Et si cela arrive, pas question de culpabilité…

 

Quelles sont les causes d’une fausse couche ?

La grande majorité des fausses couches surviennent en cas d’anomalies chromosomiques de l’ovule ou du sperme, c’est à dire que l’ovule ou le sperme présentaient des anomalies ne permettant pas un développement normal de l’embryon. Dans ce cas, la nature fait bien les choses et le processus naturel d’élimination de l’œuf est enclenché par le corps de la femme.

Au bout de 3 fausses couches consécutives, le gynécologue effectuera un bilan pour rechercher une éventuelle cause de ces interruptions répétées de grossesse.

En effet, des examens plus poussés pourraient révéler les autres causes qui peuvent conduire à un arrêt du développement de l’embryon :

  • Une anomalie utérine (fibrome, béance du col)
  • Des perturbations hormonales
  • Des ovaires poly kystiques
  • Une maladie de la mère (hypertension, diabète, thyroïde, maladie immunitaire)
  • L’obésité
  • La consommation de tabac ou d’alcool
  • Une exposition à des médicaments et autres produits toxiques pour l pour le développement de la  grossesse (pesticides…..)
  • L’âge
  • Des infections

 

D’après le Dr Coulibaly Foungotin Hamidou, plus la femme sera âgée et plus ce risque sera élevé. Ainsi, à 20 ans, le risque de fausse couche est de 9% alors qu’il atteint 40 % chez les femmes de plus de 40 ans.

‘’Étant étudiante à mes tout débuts, le premier cerclage que j’ai fait était pour une femme qui avait déjà perdu 5 bébés, il s’agissait pour  ce cas de traiter une béance du col qui n’avait pas été détectée avant. Par la suite, elle a eu 10 bonnes grossesses dont une gémellaire. Pour cette patiente,  nous l’avions cercle à chaqu’une de ses grossesses. ’’ Raconte Dr DIBY.

Elle ajoute ‘’J’ai aussi eu le cas d’une dame qui faisait des fausses couches à répétition, il s’avérait qu’elle avait un noyau fibromateux d’un côté de l’utérus qui  avait empêché l’évolution de ses 3 précédentes grossesses. Puisque la dame en question refusait de se faire opéré ce n’est que l’instant où l’embryon s’est implanté de l’autre côté de l’utérus en zone  saine non en contact avec le fameux  fibrome  que la grossesse a fini par tenir. ‘’

‘’Que les causes soient génétiques ou morphologiques et donc prédisposantes aux fausses couches, il y a toujours la possibilité dans un centre médical de statuer. Lorsque les signes persistent il est possible d’établir un plan de surveillance en l’absence de protocole thérapeutique à ce jour’’ dit Dr KOUADIO.

 

Quel est le traitement de la fausse couche ?

Lorsque la fausse couche est constatée et menaçante, le gynécologue prescrira possiblement des médicaments pour essayer de sauver la grossesse. Car à ce jour les traitements de deuxième intention peuvent être proposés, sans preuves avérées de son bénéfice.

Quand la fausse couche est confirmée ou en cours, un curetage et ou des médicaments peuvent être nécessaire. Le curetage est l’action qui consiste à nettoyer l’utérus soigneusement à l’aide de différents outils chirurgicaux. Dans ces conditions, une hospitalisation est nécessaire car il peut y avoir des risques d’hémorragie. Le rejet a alors lieu sous anesthésie générale ou péridurale.

À plus de quatre mois de grossesse, les femmes doivent se préparer à subir un véritable accouchement.

Dans tous les cas, le suivi des grossesses évolutives sera intensifié du fait du risque accru de développer une malformation ou des maladies liées à la grossesse.

 

Quelles précautions prendre après une fausse couche ?

Pendant les 2 semaines qui suivent, il est conseillé de ne pas utiliser de tampons hygiéniques et d’éviter les relations sexuelles, afin de limiter le risque infectieux.

Il est nécessaire d’attendre le retour des règles avant de contracter une autre grossesse.

 

Combien de temps attendre avant de retenter une nouvelle grossesse ?

Règle générale, il ne faut attendre que le retour des règles afin que le corps soit à nouveau prêt à accueillir un embryon. Toutefois il est possible que la muqueuse utérine ne soit pas prête à recevoir l’œuf, ce qui pourrait malheureusement entraîner une nouvelle fausse couche. En ce sens, une attente de quelques mois peut s’avérer une meilleure idée pour maximiser les chances d’avoir une grossesse sans soucis. En effet, une fausse couche peut se révélée être forte éprouvante pour le corps et le stress qu’elle occasionne peut engendrer des problèmes de sommeil. Il importe donc de respecter son rythme et se laisser le temps de reprendre le dessus en se refaisant une réserve d’énergie.

Vivre une nouvelle grossesse à la suite d’une fausse couche

Lorsqu’une grossesse précédente a abouti à une fausse couche, il peut être particulièrement difficile d’en entamer une nouvelle sans ressentir des craintes quant à son évolution. En effet, les premières semaines se retrouvent à être cruellement stressantes surtout que les seuls indices qui assureraient que l’embryon est toujours bien accroché se repèrent lors d’une échographie.

Alors, si chaque passage aux toilettes devient presque un moment de vérité (histoire de vérifier s’il n’y a pas de saignement) voici quelques idées qui aideront à calmer le mélange d’émotions de peur et de joie qui subsiste :

  • Rester positive : il s’agit d’une nouvelle grossesse, qui est différente de la précédente
  • Partager ses angoisses et ses inquiétudes avec son partenaire car il s’agit d’une épreuve pour le couple et non pour la femme uniquement
  • Éviter d’affronter ses peurs toute seule
  • Éviter de se culpabiliser
  • En faire part à son gynécologue ou à un psychologue
  • Pratiquer une activité relaxante ou des méthodes de relaxation

HOMEA situé en face du Cap Nord est un centre médical de gynécologie obstétrique et de diagnostic anténatal dans lequel mamans et enfants peuvent consulter tout ayant la possibilité d’y effectuer des examens poussés et précis dans leur laboratoire de recherche.

Tel : 225 22 47 65 22
225 40 68 22 16


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