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Les enfants et les écrans: faut-il s’en préoccuper?

Nous sommes dans cette ère où les enfants sont très habiles lorsqu’il s’agit de manier des écrans tactiles et ce, dès leur plus jeune âge. À peine 2 ans, ils sont capables de balayer l’écran avec leur doigt pour déverrouiller une tablette, démarrer des applications, naviguer sur Youtube ou encore prendre des photos! Les nouveaux parents se disent souvent qu’ils sauront imposer des limites ou que le pouvoir addictif des médias numériques n’affectera pas leurs bambins. Ensuite tout va vite, le côté ‘’canaliseur d’énergie’’ séduit les jeunes parents fatigués par leurs longues journées de travail et le temps maximum autorisé se prolonge doucement mais surement. Ce qui à la base devait être occasionnel devient une habitude et son emprise sur les enfants représente aujourd’hui une source réelle de préoccupation pour les parents. Dr Félicien Kouakou Kouame, psychologue, nous donnent des recommandations pour bien encadrer l’usage des écrans chez les enfants.

‘’Bien qu’ils soient divertissants et pratiques dans certaines situations, les écrans peuvent comporter plusieurs désavantages pour la santé et le développement des enfants. C’est pourquoi il est déconseillé que les bébés y soient exposés, sauf si c’est pour communiquer à l’aide d’une application telle que Skype ou Facetime.’’ Affirme Dr Kouame.

En effet, l’ensemble de plusieurs associations de pédiatrie dans le monde s’entendent pour affirmer que les enfants de 2 ans et moins ne devraient pas être exposés à aucun écran. ‘’Les écrans passifs comme la télévision ou le replay sur ordinateur peuvent être utilisés de temps en temps, également dans un cadre ludique (regarder un dessin-animé ou un documentaire en famille…), dans un temps limité (30 à 40 minutes par jour de 3 à 8 ans, puis une heure par jour jusqu’à 12-13 ans), à un moment approprié (pas avant l’école, pendant les repas ou avant le coucher) et en étant le plus possible accompagné par un adulte.

Les écrans tactiles (tablette, smartphone, certaines consoles…) peuvent de temps en temps être utilisés dans un cadre ludique, de façon limitée, et à un moment adapté de la journée (pas le matin, ni après le dîner), et toujours en compagnie d’un adulte avant 6 ans.’’ Ajoute Dr Kouame.

  • Les parents devraient s’assurer que l’utilisation des écrans ne réduit pas le temps accordé au sommeil, à l’activité physique, aux devoirs et à toute autre activité essentielle à de saines habitudes de vie.

    ‘’Préférez les activités numériques qui fédèrent comme les jeux vidéo familiaux ou regarder un film en famille.’’ Conseille le Dr Kouame.

    ‘’D’après les données et les recherches effectuées dans le monde, il y aurait bien un lien établi entre le temps d’exposition aux écrans chez l’enfant et les conséquences sur son développement globale :
    sur le développement du cerveau et l’apprentissage de compétences fondamentales. Les enfants surexposés aux écrans ont plus de risques de souffrir d’un retard de langage que les autres. Une étude récente menée par des chercheurs québécois et américains a mis en évidence l’impact sur le long terme d’une exposition importante aux écrans dans les premières années de vie. Cette étude a montré que chaque heure supplémentaire passée devant la télévision par un enfant en bas âge diminuait ses performances scolaires à l’âge de 10 ans : moindre intérêt pour l’école, moindre habileté au plan mathématique. Cette surexposition précoce entraînait également une moindre autonomie, une moindre persévérance et une intégration sociale plus difficile avec notamment un risque accru de souffrir d’une mise à l’écart par ses camarades de classe ;

  • sur les capacités d’attention et de concentration : ceci est vrai même si l’enfant se trouve dans une pièce avec la télévision allumée sans qu’il la regarde ;
  • sur le bien-être et l’équilibre de nos enfants : d’après une enquête réalisée par le ministère de la Santé britannique, les enfants qui passent trop de temps devant les écrans (télévision, ordinateur, console ou téléphone portable) seraient moins heureux, plus anxieux et plus déprimés que les autres.
  • sur le comportement : les enfants qui passent beaucoup de temps devant des contenus violents (jeu vidéo ou télévision) sont plus agressifs et plus enclins à se battre, plus impulsifs.

Sur la santé : une surconsommation d’écrans contribue à réduire le temps consacré aux activités physiques et peut favoriser la tendance au grignotage. La conjonction des deux peut alors entraîner une prise de poids. ‘’ Énumère Dr Kouame.

 

Voici 8 recommandations à suivre pour s’assurer de ne pas surexposer les enfants aux écrans:

  1. Maintenir des périodes sans écran, comme lors des repas et du temps passé en famille.
  2. Se doter d’un plan familial qui prévoit les moments, la manière et les lieux ou l’écran peut être utilisé.
  3. Éviter les écrans au moins 1 heure avant le coucher en raison de leurs effets sur la suppression de la mélatonine qui aide à l’endormissement.
  4. Connaître le contenu, consommer et accorder la priorité aux émissions éducatives et adaptées à l’âge de l’enfant. Être présent lors de l’utilisation de l’écran et regarder le contenu avec l’enfant afin de s’assurer de sa pertinence.
  5. Enseigner à son enfant des manières de garder son calme sans avoir recours aux écrans. Il n’est pas recommandé d’utiliser l’écran pour calmer et distraire les enfants, surtout les plus jeunes.
  6. Éviter de punir l’enfant en diminuant le temps d’écran.
  7. En tant que parents, donner l’exemple d’une saine utilisation des écrans. Remplacer le temps d’écran par des activités saines comme la lecture, les jeux à l’extérieur et les activités créatives. Éteindre les appareils à la maison pendant les périodes passées en famille.
  8. Mettre les écrans dans les pièces communes et éviter de les placer dans la chambre de l’enfant. Un téléviseur dans la chambre peut nuire au sommeil, augmenter les risques d’obésité, affecter les performances scolaires et diminuer les échanges familiaux.

Le suivi de ces recommandations n’est pas peut-être pas aussi évident surtout s’il s’agit de réinstaurer les habitudes autour des écrans. Cela dit, les parents peuvent adapter à leur propre contexte familial, tout en focalisant sur le principe de base derrière ces recommandations. Il est important de se rappeler que pour chaque instant passé devant les écrans, les enfants ne bougent pas et n’interagissent pas avec leur entourage or leur développement cognitif et social se forge en grande partie dans la petite enfance.

Les questions de nos Mams à Dr Kouame :

Est-ce que le fait de regarder souvent les écrans peut développer un problème de vue qui nécessite le port des lunettes?

Contrairement à ce que l’on a pu penser auparavant, on sait aujourd’hui que les écrans n’entrainent pas de baisse de la vision et qu’ils ne rendent pas myopes. De même, aucune étude scientifique à ce jour ne permet de conclure que la lumière bleue des écrans mettrait en danger nos yeux à proprement parler. Mais le principe de précaution s’impose et la plupart des experts recommandent de limiter notre exposition à la lumière bleue.

La meilleure des préventions, pour nos yeux, comme pour notre santé mentale, reste de garder une certaine distance avec les écrans, au sens propre comme au sens figuré : pas d’utilisation excessive ni prolongée, et au moins 50 cm entre l’écran et nos yeux !

 

Avez-vous des suggestions pour compenser l’ennui que peut ressentir les enfants privés de télé?

Il existe un nombre considérable de jeux traditionnels à jouer à deux, trois ou plus. N’oublions pas non plus l’importance des activités manuelles, comme la cuisine, la pâtisserie, voire le bricolage auquel un jeune enfant peut s’intéresser. Dans cette tranche d’âge, il est essentiel de développer l’habileté manuelle.

Faut-il forcément nous même en temps que parent réduire le temps passé devant les écrans pour donner le bon exemple ou plutôt expliquer à l’enfant que pour les adultes c’est différent?

Comme pour tout, le comportement des adultes doit montrer l’exemple. Par ailleurs, si vous souhaitez apprendre à votre enfant à réduire ou limiter le temps passé sur les écrans, il est préférable de lui apprendre, dès son plus jeune âge, à s’autoréguler. Il s’agit dans cette optique de le responsabiliser, en l’invitant à comprendre les bénéfices et les limites, et en passant avec lui des contrats qu’il devra respecter en limitant son temps d’écran.

 

 

 

 

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