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Se méfier des «Dr» sur Facebook!

Les avis médicaux sont disponibles en quelques secondes sur les réseaux sociaux. Mais avant de suivre naïvement les pourparler de vos sœurs virtuelles lisez bien ceci.

Quand Nathan, 2 ans, le fils de Sarah Kouassi, a commencé à avoir des problèmes respiratoires, sa famille était en constant aller-retour à la clinique. Inquiète, la maman de 3 enfants à la Riviera Golf, a posté une publication sur un groupe de mamans pour demander de bons conseils. Ce qu’elle a plutôt reçu c’est toutes sortes de diagnostics non fondés ainsi que des propositions de traitements sans avis médicaux. Ça partait vraiment dans tous les sens, des mamans ont suggéré des sirops fait maison à base de produits douteux (piler le djidja, écraser le caillou blanc, presser le citron et mélanger le tout avec du miel pour donner à boire au bébé, une cuillère à soupe matin midi soir) d’autres ont carrément envoyer une photo d’une ancienne prescription de leur enfant sous prétexte qu’il n’en vaut pas la peine de repayer une consultation. Les Kouassi ont préféré suivre les conseils les plus avisés et se sont rendus à l’hôpital. Le petit Nathan a finalement reçu le diagnostic d’asthme et un traitement approprié.

Si vous appartenez à un de ces groupes de parents sur les réseaux sociaux, vous savez bien de quoi il s’agit : ‘’Voyez-vous ces petits boutons sur le torse de mon fils? Quelqu’un a vécu ça avec son enfant?’’ ou encore ‘’Dois-je commencer la diversification de mon bébé avec des céréales ou de la patate douce?’’. Et s’en viens ensuite une rafale de mamans prêtes à apporter leurs avis, leurs astuces ou leur soutien.

Le fait d’être autant connecté sur internet est certes un nouveau phénomène mais le réflexe de s’informer auprès de mamans expérimentées ne date pas d’aujourd’hui. ‘’On s’est toujours tourné vers nos sœurs et nos tatas pour obtenir des conseils. Sur facebook c’est juste une nouvelle façon de le faire’’ dit Pascaline Konan maman de jumeaux de 12 ans.

En Côte d’Ivoire, les groupes facebook qui traitent de sujets médicaux sont de plus en plus populaires auprès des jeunes parents. Le groupe ‘’OBSERVATOIRE MÉDICAL DE CÔTE D’IVOIRE’’ compte plus de 94 000 membres et traitent quotidiennement de soucis gynécologiques ou pédiatriques. Le groupe ‘’LES MAMANS D’ABIDJAN’’ est à plus de 100 000 mamans qui discutent de sujets de santé pour se sentir moins seules et plus écoutées.

Heureusement, il est possible de profiter avantageusement de toutes ses publications qui fusent sans souffrir de conséquences.

1. Savoir quoi poster.

Les forums sont parfaits pour partager des expériences ou obtenir des avis personnels. Les publications idéales peuvent être sur plusieurs sujets de parentalité : l’entraînement du pot, l’entrée à la crèche, les recettes de purée ou les propositions de goûters nourrissants, la recherche d’activités pour enfants dans une commune ou encore les diverses techniques de discipline positive. Par contre, les questions d’ordre médicales devraient être évitées car les réponses obtenues peuvent être inexactes, négligentes et surtout dangereuses. Bien que l’auto-médication soit interdite dans plusieurs groupes tel que celui des ‘’Mamans d’Abidjan’’ et même condamnée, les mamans trouvent quand même le moyen de joindre les posteuses par messagerie privée surtout si une vente est anticipée (mélanges de plantes, tisanes, suppléments de vitamines etc.). Il est donc de la responsabilité de chaque membre d’un groupe de veiller à ne pas poser de questions médicales et ne pas se fier aux conseils soi-disant médicaux qui viennent de part et d’autre sur facebook.

 

2. Lire les commentaires de façon critique.

Ce n’est pas inhabituel pour des membres d’un groupe de mamans d’offrir des conseils pour guérir le trouble de l’autisme par une diète alimentaire, faire sa propre formule de lait pour bébés ou vanter les mélanges d’une tradi-practicienne dans le cas d’une allergie à la moisissure. ‘’Je me rappelle avoir signaler le commentaire d’une dame qui proposait à une maman de mettre des gouttes de lait maternel dans l’oreille de sa fille pour soigner son otite au lieu de la conduire chez le pédiatre.’’ Raconte Yvonne Yao, membre d’un groupe de mamans. Si un commentaire vous interpelle et que vous sentez que c’est une astuce qui pourrait fonctionner chez vous, rappelez-vous que chaque organisme est différent et que ce qui a marché chez l’un ne marchera pas forcément chez l’autre. Le meilleur qui pourrait arriver c’est que le traitement ne fonctionne pas, le pire serait qu’il soit nocif. Ce n’est donc pas un risque à prendre pour vous ou pour votre enfant. La bonne attitude, en cas de maladie, est de toujours se référer directement à un professionnel de la santé et ce, dans les brefs délais.

 

3. S’en tenir aux experts.
Il est possible de cerner des sites web connus dont les informations viennent de sources fiables, mais la vérité est qu’il n’y a pas de moyens suffisamment sur pour vérifier l’information qui circule sur le net. Beaucoup de personnes partagent ou recyclent des informations anciennes de plusieurs années sans s’en rendre compte. ‘’J’ai jeté le sirop Advil de mes enfants après avoir lu sur une page facebook qu’il y a eu un rappel de l’entreprise pharmaceutique or mon pharmacien m’a confirmé que c’est une information erronée en me montrant une liste officielle partagée entre les professionnels de la santé.’’ Dit Prisca Sedolo.

Sachez le bien, un docteur doit être en mesure de répondre à vos préoccupations en prenant le temps qu’il faut. Si vous vous sentez toujours attirée par les réseaux sociaux parce qu’il n’est pas souvent disponible pour vous, il est alors temps de songer à changer de médecin.

‘’Je n’arrivais pas à instaurer l’allaitement avec mon nouveau-né à cause de mes mamelons inversés. Puis une maman en ligne m’a assuré que c’est normal que ce soit difficile au début et qu’il ne faut surtout pas que je cède à mon bébé qui pleure en lui donnant un biberon de lait maternisé sous peine de gâcher mon allaitement. Trois jours plus tard, je me suis rendue chez le pédiatre qui, non seulement, était surpris des cris incessants de mon bébé mais encore plus de sa perte de poids. Il m’a interdit de quitter son cabinet sans offrir à bébé un biberon de lait en poudre. Il a fait venir une conseillère en lactation qui m’a expliqué que je fais partie du pourcentage de mamans qui ne peuvent allaiter correctement leur bébé, j’étais soulagée et rassurée car cette conviction venait de la part de professionnels.’’ Témoigne Aminata Koné, nouvelle maman.

‘’C’est sympa de constater qu’il y a autant de mamans connectées, cependant, on ne veut pas qu’expérience soit confondu avec expertise.’’ Affirment Dela & Rim, administratrices sur le groupe Les Mamans d’Abidjan.

Enfin, on finit par vite apprendre que les mamans ont souvent beaucoup de choses à dire mais que parfois elles s’aventurent sur des sujets qui ne relèvent pas de leurs ressorts. Cela dit, sur les réseaux sociaux, il est du devoir de tous de véhiculer les bon messages en dénonçant l’automédication et les conduites dangereuses car cela pourrait faire la différence sur la vie d’une Mam ou d’un bout de chou!

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