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Le fibrome utérin: Connaître et combattre cet ennemi de la maternité

Il a réussi à devenir l’un des principaux freins à l’enfantement chez les jeunes femmes ivoiriennes. Méconnu, silencieux mais hautement nuisible, le fibrome utérin touche une importante frange de la gent féminine ivoirienne. BabiMams vous en dit plus sur cet ennemi de la maternité.

 

Qu’est-ce que le fibrome utérin?

Avant tout, il convient de parler de léiomyome utérin. C’est de façon abusive qu’on qualifie cette tumeur bénigne de « fibrome » notamment, dans la conscience collective africaine. Dans ce dossier, nous parlerons donc de myome et non de fibrome en grande partie. Aussi appelés myomes, méiomyomes ou fibromyomes utérins, les fibromes apparaissent généralement chez les femmes après l’âge de 30 ans. Leur taille peut varier de la grosseur d’un pois à celle d’un pamplemousse

 

Comment se développe-t-il ?

Non cancéreuse, cette tumeur se développe de façon progressive autour ou à l’intérieur du tissu musculaire utérin. Selon des statistiques de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la maladie touche près de 45% des femmes africaines de peau noire de plus de 30 ans contre 20% chez les femmes européennes, moins enclin à être touchées par ce mal. À l’âge de 45 ans, 70% des femmes blanches et plus de 80% des femmes noires ont des myomes utérins.

 

Quels en sont ses symptômes ?

Dans de nombreux cas, aucun véritable symptôme n’apparait au moment du développement de la maladie. Ce caractère asymptomatique de la tumeur rend sa détection souvent tardive. On distingue 3 sortes de myomes suivant notamment leur localisation : les myomes intra-muqueux, intramuraux/transmuraux et sous-séreux.

*Les myomes intra-muqueux :

Dans ce cas, on parle également de fibrome intra-cavitaire. Le fibrome est situé dans la cavité utérine, recouvert par l’endomètre (muqueuse utérine). Les fibromes sous muqueux peuvent être pédiculés (présentant un pied d’insertion) ou sessiles (présentant une large base d’implantation).

Les myomes intramuraux

Les myomes intramuraux sont logés à l’intérieur même du muscle utérin et font de cette cavité leur siège.

Les myomes sous-séreux

Dans le cas des myomes sous-séreux, la tumeur apparaît dans la paroi extérieure de l’utérus. De façon générale, les fibromes sous-séreux ne présentent pas d’obstacle au déroulement normal d’une grossesse. En outre, ils ne provoquent aucun saignement.

 

Quelles sont les causes de l’apparition des myomes ?

Les spécialistes vous le diront. Il est difficile à ce jour de trouver l’origine exacte de l’apparition des myomes. Cependant, certains facteurs, notamment, la race (peau noire) et aussi l’âge sont à considérer. En effet, les femmes proches du stade la pré-ménopause (35-40 ans) développent plus souvent cette maladie.

Par ailleurs, l’apparition chez la jeune fille des menstrues de façon précoce peut être un facteur favorable à cette tumeur. Les premières grossesses tardives (après 30 ans) jouent aussi en faveur de cette maladie. Les femmes nullipares (qui n’ont jamais accouché) sont également exposées à cette maladie notamment, à l’approche de l’âge de 30 ans.

L’alimentation est un autre facteur de risque. Les femmes obèses courent plus le risque de se trouver porteuses des myomes. Des causes génétiques existent également dans le développement d’un myome.

 

Quels sont les signes révélateurs de la présence de myomes ?

Comme signifié plus haut, le myome est dans la plupart des cas asymptomatique. Cependant, quelques signes traduisent la présence de myomes chez la femme. Les plus courants sont les saignements, les douleurs au moment des menstruations et surtout, l’infertilité.

Les myomes peuvent également causer  un dérèglement du cycle menstruel. « J’avais toujours très souvent mal au moment de mes règles. Celles-ci venaient aussi de façon irrégulières. Je me souviens que je passais souvent deux mois sans avoir mes menstrues. C’était vraiment compliqué. C’est après d’intenses douleurs que je me suis résolue à faire une échographie et cela a confirmé la présence de myomes », témoigne Aurélie. A, jeune ivoirienne de 32 ans qui a souffert de la présence de myomes dans son utérus pendant près de 5 années.

Les saignements excessifs provoqués par les myomes dans certains cas débouchent très souvent sur une anémie chez la malade. Une femme à l’alimentation saine et souvent anémiée doit aussi penser aux myomes.

 

Comment traiter les myomes ?

Détectés bien souvent très rarement, la plupart des myomes en Côte d’Ivoire entrainent une intervention chirurgicale. Notamment, quand les myomes entrainent l’infertilité. Cette opération vise à retirer tous les myomes de la cavité utérine. Au terme de l’intervention,  la patiente doit attendre 6 mois au terme desquels, elle saura si elle est bel et bien débarrassée de cette maladie. Généralement, l’activité sexuelle est proscrite au cours de ces 6 mois. Pour éviter la repousse des myomes, les praticiens conseillent également à leurs patientes de contracter assez rapidement une grossesse. Dans certains cas, l’apparition des myomes se traite par hystérectomie (ablation totale ou partielle du col de l’utérus)

Outre l’intervention chirurgicale, il existe des traitements médicamenteux pour venir à bout des myomes. C’est après une visite chez le gynécologue que la bonne formule selon la malade est pratiquée.

La prévention  dans le cas des myomes n’est pas à négliger. Il est important pour les femmes « à risques » de consulter régulièrement leur gynécologue pour entraver un développement de cette tumeur.

 

Le cas des médicaments traditionnels

« On n’a pas besoin d’aller à l’hôpital pour cela. Cette maladie se soigne à l’indigénat». Bon nombres de femmes touchées par les myomes ont au moins une fois entendu cette assertion. Si notre but n’est pas de mettre en doute l’efficacité de la médecine traditionnelle, il est toutefois important de noter que toutes les femmes rencontrées dans le cadre de la réalisation de ce dossier n’ont eu que leur salut après un passage chez le gynécologue. « Il est possible que la médecine traditionnelle arrive à venir à bout de cette maladie. Mais, le problème est que bien souvent, ces traitements présentent des limites et les femmes finissent par se faire opérer. Sans dénigrer qui que ce soit, je conseillerais à nos femmes de consulter un gynécologue dès que le diagnostic est établi », conseille Niamkey J.F, Chirurgien-obstétricien à la retraite.

 

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